Delphine Reist

   

Delphine Reist travaille avec des objets et machines du quotidien liés au travail et à l’industrie. Elle les sort de leur contexte et les fait bouger, fonctionner ou produire des sons de manière autonome, comme si les objets avaient leur propre vie.

Son travail questionne ainsi le monde du travail, la production, la consommation et l’absence de l’être humain, avec souvent une dimension étrange ou inquiétante.

« Les objets de Delphine Reist jouent un jeu ambivalent avec nous. Ils nous sont familiers, nous connaissons leur odeur, leur texture, leur usage. Ce sont des objets de tous les jours, des icônes de l’administration, de l’artisanat mécanisé, de la consommation et de la nation – bref, des choses avec lesquelles nous avons cultivé progrès et identité au cours du 20e siècle. Ils étaient la grande promesse que nous nous sommes donné : c’est avec ces appareils et cette infrastructure que nous avons construit notre avenir. Ils nous rappellent des routines anciennes. Or, ce sont précisément ces routines qu’ils refusent dans les installations, et c’est là que réside l’inquiétude qu’ils dégagent. L’effet de déjà-vu que nous vivons en les découvrant n’aboutit pas à la logique de l’album de famille, mais à celle d’une mise en scène hitchcockienne. Ici, quelque chose est arrivé, ou va arriver dans l’instant. Quelque chose est étranger, s’est introduit, bouge, fait du bruit, explose, se casse. Les routines tournent à vide – ou du moins pas dans la direction où elles sont censées aller si tout suivait le cours normal des choses. Les finalités sont aliénées, les objectifs manqués, le sens dénaturé ou refusé. » Lea Haller, extrait de La fin des routines Kunst, Vienne

https://www.delphinereist.com/ 

 

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