Thierry Boutonnier


NOOCIDE
Série 1 : « Notre mât de cocagne est un gibet »
La noosphère est cette peau de la terre, ce phénotype étendue de la pensée humaine théorisée par Vladimir Vernadski, Pierre Teilhard de Chardin et Édouard Roy « qui traduit ce que l’humanité dit gérer ».
Au regard des ces 80 dernières années, de la grande accélération et de ce qui se joue ici comme sur l’A69, cette œuvre de l’esprit ne peut s’empêcher d’avertir sur les objectifs de production de telles infrastructures autoroutières. Nous construisons nos gibets en prétendant dresser des mâts de cocagne.
Le don sacrifie les possibilités de devenir d’une manière massive et partout sur la planète pour toute l’humanité. En échange d’un gain de 15 minutes avec des moteurs à explosion ce sont des millions d’année fossiles et à venir que nous gazons.
« Noûs » est un mot grec qui signifie « esprit » et « cide » tuer, fendre, abattre, couper…
Notre idiocratie nous amène à un noocide planétaire.
Dans la complexité des interdépances imposées par des infrastructures non décidées d’une manière démocratique (la pétrolisation, le nucléaire et la datacentrisation) nous sommes complices du dérèglement climatique, de la crise d’extinction de la biodiversité… d’un infanticide planétaire.
Les écocides et les génocides démultipliés par l’industrie massive de l’ignorance forment un commun négatif planétaire : nous vivons un noocide.